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L’exposition, Habiter le temps, consacrée à Lee Ufan, un artiste coréen, s’est déroulée du 27 février au 30 septembre 2019 au centre Pompidou-Metz. Malgré le caractère exigeant de l’art du monsieur, l’exposition a tout de même su attirer de nombreux visiteurs. Retour sur l’exposition et l’art de Lee Ufan ave1c Alexis Kuperfis.

141 160 visiteurs sont venus admirer les œuvres de l’artiste coréen

L’exposition ayant fermé ses portes le 30 septembre, l’heure du bilan s’impose. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chiffre de fréquentation est très encourageant pour une exposition aussi exigeante et parfois déroutante. En effet, ce sont 141 160 visiteurs qui sont venus admirer les œuvres de Lee Ufan au centre Pompidou-Metz.

Ils ont pu découvrir une quarantaine d’œuvres de l’artiste, de ses premières œuvres en 1960 jusqu’aux plus récentes, parmi lesquelles les peintures Landscape I, II et III. Des œuvres méconnues de l’artiste qui ont été présentées en 1968 au musée national de l’art moderne à Tokyo.

Qui est Lee Ufan ?

Lee Ufan est né en 1936 dans une petite ville au sud de la péninsule coréenne. Il étudie d’abord la peinture orientale à Séoul, avant de partir au Japon étudier la philosophie occidentale. C’est dans ce pays, en 1960, qu’il va largement contribuer à la création d’un mouvement artistique qui va marquer toute sa vie : le mono-ha. C’est un mouvement basé sur la rencontre entre des matériaux industriels et des matériaux naturels et sur la relation entre l’œuvre avec l’espace qui la compose et avec le spectateur.

Ce jeu entre l’art et l’espace fonctionne particulièrement bien chez l’artiste, car ses œuvres sont emplies de retenue. Ses tableaux et ses sculptures ne prennent jamais trop de place dans la salle où ils sont exposées et sont très souvent qualifiées de minimalistes. Ses oeuvres sont frappantes par leur simplicité et leur sobriété.

Les peintures de Lee Ufan sont majoritairement constituées de points ou de traits en mouvement dans des nuances de bleu, de gris et parfois de rouge sur fond blanc. Les nuances de ses toiles rappellent l’art traditionnel coréen constitué de nuances d’encre où les mots d’ordre sont sobriété et élégance.

Lee Ufan est d’ailleurs souvent qualifié d’écologiste avant l’heure, car ses œuvres nous font réfléchir sur la place de l’homme dans l’espace et dans l’environnement, des enjeux majeurs auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

Terminons par une citation de l’artiste : « Je suis hostile à l’industrialisation illimitée, au consumérisme de masse résultant d’un productivisme effréné. Je suis opposé à ce que les hommes veuillent former le monde selon l’image qu’ils s’en font. Par conséquent, si contradictoire que cela puisse paraître, je crée dans le but de ne pas créer. » (Lee Ufan, Tension précaire, op.cit., p.197)