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Alexis Kuperfis, en passionné d’exposition d’art, nous fait découvrir l’exposition Berthe Morisot qui se tient au musée d’Orsay jusqu’au 22 septembre 2019. Suivez le guide.

Si l’on vous parle d’Impressionniste, vous pensez s’en doute à Monet ou Renoir. Pourtant, bien que moins connue, Berthe Morisot est une des grandes figures de ce mouvement artistique. Ce manque de notoriété est surement dû au fait qu’à l’époque (fin du XIXème siècle) les femmes n’avaient pas trop leur place dans le domaine des arts. Le musée d’Orsay, repère de l’Impressionnisme français, met en lumière cette grande dame de la peinture à travers une exposition captivante.

Le parcours exceptionnel d’une artiste d’exception

L’exposition retrace le parcours exceptionnel de Berthe Morisot qui s’est battue contre les usages de son temps pour s’imposer et devenir une figure marquante des avant-gardes parisiennes, de 1860 jusqu’à sa mort prématurée en 1895, suites à une grippe.

A travers plus de 70 toiles, on constate son évolution, de la peinture d’après modèle à de la peinture beaucoup plus technique et maîtrisée.

Au départ, elle se contentait de peindre des modèles dans la thématique de la vie moderne au féminin. L’artiste nous parle de la vie de femme et de sa famille, de mode, d’intimité, etc. Mais avec le temps, ses traits s’affirment et on reconnaît son vrai génie. Elle se concentre sur le cadrage et utilise, en avance sur son temps, des techniques que l’on retrouve aujourd’hui dans la photographie : décalage, contre-jour et même zoom. Dans son tableau « Jeune femme se poudrant », elle est même allée jusqu’à replier les bords de sa toile pour se concentrer sur le modèle.

Une artiste reconnue tardivement en France

Sur les 70 toiles présentent dans l’exposition, plus de la moitié viennent de l’étranger. En effet, Berthe Morisot a été reconnue tardivement en France. Pourtant, elle ne se distingue pas de ses confrères masculins par sa féminité mais bel et bien par son talent indéniable et son approche innovante de la peinture.

Elle aimait travailler en plein air, adorait la couleur et la lumière. Féministe avant l’heure, elle ne limite pas la parentalité à la maternité et représente même son époux en train de s’occuper de leur fille sur une toile. Une scène décalée pour l’époque mais ô combien touchante.